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samedi 29 avril 2017

Motricité fine : pincer et tenir minutieusement

Motricité fine : pincer et tenir minutieusement

La pince pouce index met en jeu le pouce, l’index et le majeur. Plus l’enfant pourra expérimenter cette pince et plus il parviendra à placer ces trois doigts correctement. Chaque doigt a son rôle dans la saisie et la manipulation des objets. Cette pince peut déplacer des petits objets avec précision ou mettre en mouvement des outils qui demandent de la minutie. Mais elle est surtout présente dans de très nombreux gestes de notre quotidien. Voici comment aider les enfants à expérimenter cette pince.
E.Langlois
motricité fine-pinces à linge
La pâte à modelerLa pâte à modeler est décidément la meilleure amie de la motricité fine. Voici 2 petits jeux appropriés pour stimuler la préhension en pince :
• Le jardin : proposer aux enfants de partir à la recherche de tout ce que l'on peut planter dans la pâte à modeler comme pour en faire un petit jardin : crayon, paille, bâtonnets, bref tout ce qui peut mettre en volume la sculpture est bon à prendre. (Ou mettre le lien du jardin de l’article pâte à modeler)
• Les soleils : Avec une boule de pâte à modeler montrer aux enfants comment étirer la pâte entre le pouce et l’index le plus loin possible avant qu’elle ne casse. A faire tout autour de la pâte tel un soleil.

Les pinces à lingeLes pinces à linges permettent de travailler la pince mais aussi de muscler les doigts de par leur résistance. Elles peuvent être utilisées de différentes façons :
• Pour les petits, leur demander de les placer autour d’un bol ou d’une forme en carton comme pour en faire une crinière de lion par exemple
• Pour les plus grands on peut leur demander de ramasser des objets plus ou moins fragiles au sol de façon à adapter la pression à mettre sur la pince : du coton, des grains de haricots, des crayons, des flocons de maïs colorés (Play maïs), des vêtements de poupées, bref tout le bazar qui traine au sol fera l’affaire !

Jeux de pêcheDans une bassine d’eau, poser des bouchons de bouteilles de toutes tailles et demander aux enfants de les attraper avec des cuillères de différentes tailles ou des pinces à cornichons ou des pinces à linge

Bandes de papierDonner à chaque enfant différentes sortes de papier comme du papier journal ou du papier glacé (les pubs qui remplissent vos boites aux lettres feront très bien l’affaire). Leur montrer ensuite comment faire des bandes de papier en les déchirant. Si au final cela ressemble plus à des confettis, peu importe, le but étant d’utiliser les pinces des deux mains. Vous pourrez ensuite vous en servir pour fabriquer un objet en papier mâché par exemple

Les tirelires

Cette activité très minutieuse peut se faire avec toute sorte de matériel. En voici 2 :
• Prendre un poivrier du commerce dont les trous sont assez larges et demander aux enfants d’y insérer des cure dents ou des cotons tiges
• Avec une boite de lait en poudre : Faire une fente dans le couvercle en plastique de la boite et demander aux enfants d’y insérer des jetons ou des bouchons de petits pots de bébé

A lire sur le sujet : La motricité fine en 4 points-clefs
Article rédigé par : Emmanuelle Langlois, psychomotricienne

Motricité fine : à la découverte de mon index

Motricité fine : à la découverte de mon index

L’index a une place très importante dans la préhension fine. La pince pouce index est en effet la plus efficace et la plus précise de toutes les préhensions. Dans cette pince, le pouce fixe l’outil, le majeur le soutient et l’index le guide. Plus l’enfant aura pris l’habitude d’utiliser son index, plus l’index sera mobile et plus la préhension sera aisée et le geste souple.
motricité -fine-marionnettes à doigts
Marionnettes à doigtsPas toujours facile d’isoler l’index pour les petits. Alors peu importe que les autres doigts soient repliés ou en extension, le fait de sentir quelque chose sur le doigt à mobiliser permet aux enfants de mieux le percevoir et donc le faire bouger.

Le clavier en pâte à modeler

Avec un rouleau de pâte à modeler assez long, appuyer fort ou doucement sur le rouleau comme pour écrire un code de la gauche vers la droite. Faire reproduire cette frise aux enfants. Associer ensuite un son rigolo au geste fort et un autre pour le doucement. Il ne reste plus qu’à chanter les petites musiques ainsi produites

Dessin dans plateau de semoule ou sableDans un plateau ou une plaque de four éventuellement, déposer une couche uniforme de semoule ou de sable ou de sel. Les enfants pourront alors dessiner des formes ou simplement promener leur doigt dans le plateau pour y voir apparaitre des formes. A la fois sensoriel et relaxant, ce jeu est très apprécié des enfants.

 Peinture en sprayRemplir un vaporisateur pistolet, avec une gâchette souple si possible, de peinture mélangée avec de l’eau. Puis laisser les enfants exprimer leur créativité sur une grande fresque au mur ou au sol.



A lire sur ce sujet : la motricité en 4 points-clefs
Article rédigé par : Emmanuelle Langlois, psychomotricienne

Motricité fine : délier et dissocier

Motricité fine : délier et dissocier

Ces activités permettent la dissociation de chaque doigt et d’aborder des mouvements digitaux plus complexes. La maîtrise de ces coordinations permettra à l’enfant de s’adapter plus facilement aux différents outils mis en main ce qui rendra sa préhension plus efficace. Mais aussi de rendre ses mouvements fins comme le découpage ou le graphisme plus fluides.
E.Langlois
délier-disocier-motricité fine
Les comptines à doigtsQue ce soit pour former des oreilles de lapins, des papillons, des fourmis qui se déplacent ou pour dessiner des moustaches, les doigts peuvent prendre toutes les formes pour illustrer les comptines à doigts.  Pendant ces petits jeux, les doigts se fléchissent et se tendent, s’écartent et se rapprochent, se tortillent, se déplacent … bref se contorsionnent. Une bonne façon de découvrir toutes leurs possibilités de mouvement.

Les instruments de musiqueLes instruments à corde et les claviers permettent de mobiliser plusieurs doigts en même temps. Faire découvrir les différents sons en proposant aux enfants de gratter ou frapper les touches de différentes façons comme :
•    Avec les doigts collés
•    Avec les doigts écartés tendus puis bien souples
•    Un doigt après l’autre
•    Rapidement puis lentement
•    Demander ensuite aux enfants de montrer la façon qu’ils ont préféré

Massages de ballesFaire rouler une balle sur les différentes parties du corps en essayant que les enfants fassent bouger leurs doigts au maximum. Ils ont vite tendance à frotter la balle plus que la faire rouler. Donc bien leur montrer le geste à produire.
Proposer si possible différentes balles afin de trouver celle qui correspond le plus à leur petite main : des dures, des molles, des petites, avec ou sans picots etc.

Habiller des poupéesEnfiler des petits habits, mettre des pressions et surtout boutonner sont d’excellents jeux pour découvrir l’importance des 2 mains et la coopération de chaque doigt dans un but précis. A appliquer également sur les enfants eux même.

Avec des élastiquesSe munir d’une boite d’élastique et demander aux enfants de les enfiler autour d’une boite de conserve ou d’un verre les uns au-dessus des autres.



A lire sur le sujet : La motricité fine en 4 points-clefs

 
Article rédigé par : Emmanuelle Langlois, psychomotricienne

Motricité fine : toucher et malaxer


COMMENT STIMULER LA MOTRICITÉ FINE DES TOUT-PETITS

Motricité fine : toucher et malaxer

Les activités sensorielles sont un bon moyen de développer la musculature de la main. Elles permettent également de mobiliser et donc de prendre conscience des différentes articulations et surfaces de la main et des doigts. C’est un pré-requis à ne pas négliger chez les tout-petits avant d’entamer des activités plus minutieuses.

 
Laurence Yéme
toucher et malaxer
 ModelagePour que la main se confronte à différentes pressions et épouse de nouvelles formes, les ateliers de modelage avec de la pâte à modeler, de l’argile ou du sable kinétique sont parfaits. La consigne ici est de malaxer et de faire glisser la pâte entre les doigts. On peut également demander aux enfants de le faire les yeux fermés pour percevoir encore mieux les mouvements des doigts et les différences de matières.
 
Jeu de KimAvec un sac à toucher , proposer aux enfants de bien utiliser tous les doigts pour découvrir la forme de l’objet caché. Il peut également être intéressant de placer des petits coussins sensoriels à l’intérieur (comme ceux-ci de chez Hop toys)

La main à la pâteLes ateliers de cuisine et la confection de pâtes à tarte et autre crumbles à effriter sont des activités idéales pour renforcer les muscles de la main.

Empreintes de papierProposer des chutes de papiers de différentes textures comme du papier aluminium, du papier cuisson, du papier glacé ou encore du crépon. Demander ensuite aux enfants de les froisser (parfait pour les tout petits) ou d’en faire des petites boules. Les boules peuvent être faites à une main ou par pression des deux mains ou en les faisant rouler sur un plan dur. Les enfants pourront ensuite les tamponner dans de la peinture (adapter la prise à un objet souple) ou les faire rouler dans une peinture d’une autre couleur.
 
Les bacs de grains
Remplir des boites assez profondes (boites de lait en poudre par exemple) avec des graines (1er prix) : des haricots, de la semoule, du riz, des lentilles. Y cacher un objet ou laisser les enfants transvaser d’un bac à l’autre seulement à l’aide des mains pour sentir les grains s’écouler entre les doigts et adapter la préhension au volume qui diminue.


A lire sur le sujet : La motricité fine en 4 points-clefs
 
Article rédigé par : Emmanuelle Langlois, psychomotricienne

mercredi 26 avril 2017

L’acquisition de la marche

PSYCHO-DÉVELOPPEMENT

Comment accompagner les tout-petits dans l’acquisition de la marche ?

Le mieux est l’ennemi du bien ! Côté acquisition de la marche, moins les  professionnels de la petite enfance en font, mieux c’est. Un enfant marchera quand il sera prêt. Entre 9 mois et 18 mois en général.  Inutile de lui mettre la pression. Tout juste peut-on lui concocter un environnement favorable.

 
Istock
Premiers pas
Premiers  pas : tout est affaire d’équilibre
« Dans la marche, le mouvement des jambes, c’est très simple. Les enfants savent le faire très tôt. La plus grande difficulté c’est l’équilibration et la coordination entre de nombreuses informations » explique Monique Busquet, psychomotricienne.  Et l’équilibre - indispensable - à l’acquisition de la marche, c’est à l’enfant de le trouver tout seul. Personne ne peut le faire à sa place et lui épargner de tomber. Ce qu’on peut faire pour lui faciliter la tache c’est le laisser nus pieds. Car l'enfant reçoit des informations sensorielles par la plante des pieds, ce qui l’aide dans sa recherche d’équilibre. Cela participe aussi à  a musculation de ses pieds. Les chaussures empêchant, elles,  les pieds de "travailler".
En fait, à la crèche, on va seulement mettre à disposition des apprentis-marcheurs, des points d’appui : de gros blocs de mousse, de petits meubles bas  pour les accompagner dans le passage du quatre pattes à la position verticale. Chez l’assistant maternel, il suffit d’une table basse, d’un fauteuil ou d’un pouf …
« La position debout dit Monique Busquet, c’est comme le quatre pattes …sauf que les points d’appui sont verticaux ! ». Quand un enfant commence à  y songer, ses mains montent progressivement en prenant appui sur les jambes d’un adulte, un petit copain, une petite table …
Tous les petits comprennent que l’équilibre est le nerf de la guerre ! Vous les voyez, ils lâchent une main, se balancent légèrement pour  retrouver une stabilité et se déplacent sur le côté en se tenant toujours d’une main. Ils testent, tâtonnent. Puis un jour, ils lâcheront les deux mains. Il y aura des ratés et des chutes, parce que l’acquisition de la marche est un long processus  qui a commencé au moment où le bébé s'est mis à ramper et qui se termine quand il marche bien assuré sur ses deux jambes.

L’art de tomber en douceur
«Pour qu’un enfant ose marcher rappelle la psychomotricienne, il  faut qu’il soit en confiance, et qu’il sache comment tomber. Il faut qu’il accepte de gérer un déséquilibre, qu’il n’ait pas peur de tomber». Certains se laisseront tomber en douceur, en anticipant. D’autres accompagneront leur mouvement avec élégance et méthode : « en chevalier servant comme on dit » un genou à terre  et un genou levé. Ceux qui ont été beaucoup assis tombent plutôt en arriére. Ceux qui ont fait beaucoup de quatre pattes plutôt en avant. « Quand un enfant a fait beaucoup de  quatre pattes avant de marcher précise Monique Busquet  il se servira des ses bras pour s’équilibrer dans sa (re) descente».
Conclusion : pas la peine de trop solliciter les tout-petits, de leur tendre les bras avec insistance et de leur dire «allez"  . En général ils y mettent spontanément toute leur énergie tant ils sont contents d’accéder à la marche  et à l’autonomie qu’ils vont ainsi acquérir !
Les seuls enfants qui doivent être encouragés  (plus par des paroles que par des gestes) sont ceux qui ont peur. Peur de se lancer, peur de tomber.

Les « aides à la marche » inutiles
Dans la plupart des crèches, adeptes de la motricité libre, on respecte le rythme des enfants et on ne fait pas de forcing pour les inciter à marcher. On les laisse évoluer au sol, puis se déplacer d’appui en appui et faire leurs expériences motrices tout seuls. Sous le regard bienveillant et soutenant des professionnels. Et dans un environnement sécurisé. Les assistantes maternelles aussi, sont nombreuses à avoir compris que c’est l’enfant qui décide du moment où il fera ses premiers pas ! Et  la plupart, désormais  adoptent les mêmes attitudes que les pros de l’accueil collectif.  
On peut mettre un chariot de marche ou un porteur à la disposition des petits.  Ce sont de bons jouets moteurs qui les amuseront bien sûr. « Mais précise Monique Busquet il ne faut pas croire que cela va les aider à marcher ». Les chariots de marche par exemple, ils s’en serviront mieux quand ils sauront déjà marcher, car l’équilibre est plus difficile à garder quand on pousse quelque chose.
 
Trotteur : attention, danger
Le  trotteur ( appelé aussi youpala)  est en revanche franchement inutile Avancer les jambes c’est facile ! Or le trotteur n’a d’autre intérêt que de permettre aux petits de faire ce mouvement, sans efforts, sans avoir a trouver leur équilibre. Ce n’est donc pas une aide à la marche. Au contraire !
Par ailleurs il est dangereux car il favorise la survenue d’accidents. Les tout-petits foncent à toute vitesse et  peuvent s’engager dans des escaliers par exemple  (8O% des accidents de youpala).  Avec à la clef de sérieux traumatismes crâniens. Le youpala est interdit au Canada et en Australie. Il pourrait l’être en Europe. De nombreuses PMI ont mis au point des campagnes pour sensibiliser les parents et les professionnels. Comme celle du Val de Marne, par exemple.
« Par ailleurs note Monique Busquet, les enfants  dans leur trotteur n’ont pas besoin de regarder où ils mettent les pieds ni où ils vont pour avancer. Or pour marcher, en plus de l’équilibre, il faut savoir coordonner le regard et le mouvement des jambes.» Moralité, une fois qu’ils marchent , ces enfants-là tombent plus souvent que d’autres et se cognent aussi plus que les autres, tant ils ont pris l’habitude de ne pas regarder.
Deux autres bonnes rasions selon la psychomotricienne, d’inciter les parents à renoncer au youpala : certaines recherches ont montré que les bébés-youpala, à 6 ou 7 ans ont de moins bons repères  dans l’espace. Et on a aussi  observé qu’ils marchaient souvent sur la pointe des pieds car ils avaient développé une hypotonie des muscles de l’arriéré du corps (mollets, dos, nuque)  

 

Ne pas lui tenir les mains !

Tenir un enfant par les deux mains, en se plaçant derrière lui pour l’aider à marcher est contre productif : en effet les bras ainsi levés, il lui sera plus difficile de trouver son équilibre. Tout comme quand il est plus assuré marcher à côté de lui en le tenant  d’ seule une main est plus source de déséquilibre qu’une réelle aide.

 
Article rédigé par : Catherine Lelièvre

mardi 31 mai 2016

La motricité libre

La motricité libre vous connaissez ? Vous pratiquez ?



La motricité libre.
… mais qu’est-ce-que c’est ?
Tout simplement faire ce qui peut paraître le plus simple (mais qui ne l’est pas toujours avec un enfant) : NE RIEN FAIRE! Ou plus sérieusement laisser l’enfant apprendre à bouger à son rythme en lui laissant une grande liberté de mouvement.

« La liberté motrice consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant, sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit. » Emmi Pikler

Un peu d’histoire :
Le concept de motricité libre a été développé par Emi Pikler, pédiatre hongroise dans les années 60. Forte de sa formation en clinique et de sa propre expérience de mère, Emi va voir grandir la conviction que le nourrisson n’a pas besoin de l’intervention d’un adulte dans son développement moteur. Conviction qui grandira en observant les familles qu’elle suit en tant que pédiatre de famille et à qui elle prodigue ses conseils.
Par la suite, nommée responsable d’une pouponnière, elle va mettre en place un gigantesque travail méthodologique sur plus de 700 enfants laissés libres de leurs mouvements.
Ses résultats tendent à montrer que lorsqu’on laisse l’enfant se mouvoir librement et à son propre rythme, celui-ci acquiert son développement moteur tout à fait naturellement et dans un ordre bien précis.
On peut retrouver le compte-rendu de ses travaux dans son livre « Se mouvoir en liberté dès le premier âge »


Aujourd’hui ces travaux sont reconnus et acceptés par un grand nombre de professionnels de santé et de la petite enfance, la motricité libre est de plus en plus pratiquée dans les lieux d’accueil des tout-petits, crèches et halte-garderies.

motricité libre, tapis d'éveil
un simple tapis pour tout découvrir

Les pré-requis : un environnement adapté  et sécurisant :
  •  Une bonne sécurité affective et une relation harmonieuse avec les adultes responsables de l’enfant. La motricité libre ne signifie pas ne pas s’occuper de l’enfant, au contraire c’est un accompagnement tendre et respectueux du développement propre du bébé.
  • Un environnement adapté : qui se résume en « ni trop, ni trop peu ». Un espace assez grand pour que l’enfant soit libre de ses mouvements mais pas trop pour ne pas qu’il s’y sente perdu, quelques jouets adaptés à son âge pour attiser sa curiosité, un support ni trop dur (pas confortable) ni trop mou (entrave la mobilité) et des vêtements confortables, pas trop serrés, des chaussettes ou chaussons souples laissant toute leur mobilité aux pieds.
  • Une relation chaleureuse et bienveillante avec la personne qui s’occupe des soins au nourrisson, afin d’éviter de « crisper » l’enfant par des manières trop brusques de le porter, le changer, etc… (je vous ferais bientôt un article sur l’haptonomie qui a beaucoup à nous apprendre dans la manière de toucher un enfant)

motricité libre, bébé se retourne tout seul
le bébé apprend à se retourner tout seul

En pratique comment ça se passe ?
Des les premiers mois de vie, un simple tapis confortable offre un espace d’éveil suffisant à l’enfant, qui va lui permettre de développer tout seul ses capacités, tourner la tête, relever les jambes, agiter les bras puis pivoter pour tenter d’attraper des objets… On le pose sur le dos, position qui ne lui demande pas d’efforts et lui permet d’observer et d’interagir avec son environnement.
On peut aussi lui faire prendre son bain dans des conditions de motricité libre : faire couler de l’eau à hauteur des oreilles de l’enfant, dans une baignoire à fond plat. Essayez vous verrez c’est surprenant au début mais les enfants adorent et c’est très reposant pour le parent !
Idéalement il faudrait attendre que l’enfant se retourne tout seul pour le laisser sur le ventre, mais la position ventrale présente beaucoup d’intérêt, on peut donc l’y installer un peu plus tôt. En effet, en cherchant à relever la tête puis le torse, le bébé va fortifier sa chaîne musculaire postérieure ce qui va prévenir les risques de plagiocéphalie (aplatissement d’un côté du crâne aggravé par la position couché sur le dos).
On se contente au début des moments de change pour retourner l’enfant en boutonnant le pyjama, puis petit à petit on pourra, selon son aisance, le mettre sur le ventre dans ses moments d’éveil, en veillant à ne pas le laisser se fatiguer, et toujours sous surveillance.
En continuant son exploration du monde, l’enfant va petit à petit apprendre à se retourner, puis à ramper (chacun son style dans les débuts de la mobilité!) pour aller doucement vers le quatre-pattes.
A partir de la position quatre-pattes, l’enfant va pouvoir pousser sur ses bras pour s’asseoir de lui-même. Une fois cette position acquise, il pourra y revenir et en sortir en restant maître de son confort, sans se retrouver « bloqué » dans une position imposée par des adultes.
En grandissant, l’enfant va tenter de se lever en s’accrochant aux meubles de la maison, pour être à la hauteur des membres de la famille, voir ce qu’il se passe, attraper de nouveaux objets. Il passera de meubles en meubles, en se lâchant de plus en plus jusqu’à tenir debout sans support et décider un jour de faire l’expérience de la marche, tout seul, sans qu’on ait eu besoin d’intervenir !


motricité libre, bébé se lâche pour marcher
Bébé se lâche pour marcher quand il s’en sens capable

 Ce qu’il faut éviter :
  • L’utilisation trop fréquente de matériel postural :
    • transat, qui maintient l’enfant dans une position semi-assise artificielle
    • Coussin cale bébé : idem pour la position assise
    • Youpala et trotteur : qui peuvent même être franchement néfastes pour l’acquisition de la marche, l’enfant se déplace en poussant sur ses orteils plutôt que sur ses talons, les roues empêchent la gestion du déséquilibre pourtant nécessaire au basculement d’un pied sur l’autre…
    • Petit aparté sur les porte-bébés non physiologiques où l’enfant est suspendu par son bassin, dans une position verticale artificielle demandant beaucoup trop d’effort à sa musculature, il va sans dire qu’ils sont à éviter ! (article sur le portage physiologique prévu pour début 2015).
  • L’aide trop fréquente des adultes pour mettre l’enfant dans une position qu’il ne maîtrise pas:
    • assis tant qu’il ne peut pas le faire de lui-même : l’enfant est « coincé » dans cette position, ce qui créé des tensions corporelles et entrave l’apprentissage de son schéma corporel (jambes et bassin sont bloqués, il ne peut utiliser que ses membres supérieures)
    • mettre bébé debout, même si celui-ci pousse sur ses jambes (en ostéo on retrouve dans ce cas des blocages à type de torsions dans les jambes)
    • l’aider à marcher en lui tenant les bras. Si l’enfant est vraiment en demande (le mien m’a fait le coup, il venait lui-même m’attraper les mains et se mettait à marcher), il faut se baisser un maximum pour que l’enfant n’ait pas à lever trop haut les mains. Astuce d’une psychomotricienne : placer un foulard devant l’enfant, le faire passer sous ses aisselles et le soutenir en tenant seulement les extrémités du foulard, de cette façon le mouvement de l’enfant se rapproche le plus possible de ce qu’il ferait tout seul.


Les bienfaits de la motricité libre :
Ils sont multiples :
  • une grande aisance corporelle, une fluidité dans les gestes
  • une grande confiance en lui, il se sent capable de faire par lui-même et d’essayer de nouvelles façons de faire
  • une plus grande prudence, une conscience de ses capacités ET de ses incapacités
D’un point de vue santé publique la motricité libre mérite aussi de l’intérêt :
  • elle diminue les risques de plagiocéphalie et utilisée en traitement, permet une régression des symptômes quand elle est pratiquée avant quatre mois. En effet, en respectant la construction motrice de l’enfant, celui-ci peut développer activement les muscles qui contrôlent la tête  et la ceinture scapulaire (haut du thorax, épaules, bras), de manière symétrique, évitant ainsi de reposer toujours sur le même côté du crâne. Les plagiocéphalies, en dehors d’un problème esthétique peuvent être responsables de retards moteurs, de scolioses et de problèmes ophtalmologiques.
  • elle diminue également les torticolis du nouveau-né (pour les mêmes raisons)
  • la motricité libre pourrait avoir une incidence sur la réduction des morts inattendues du nourrisson. En effet, une partie conséquente de ces  décès ont été recensés au moment du premier retournement de l’enfant dans son sommeil. Celui-ci n’ayant pas assez de force pour relever la tête, il y a un risque majeur d’étouffement. En étant régulièrement posé sur le ventre dans ses moments d’éveil, le bébé aura suffisamment de force dans ses muscles cervicaux pour relever la tête et la poser sur le côté.

Motricité libre et ostéopathie :
Le lien entre motricité libre et ostéopathie est interdépendant.
Un enfant qui est éduqué selon les principes de la motricité libre à la maison aura sûrement moins besoin de séances d’ostéopathie (et c’est tant mieux !).
Par contre si les conditions d’accouchement ont été particulières (forceps, spatules, expulsion très longue, césarienne…) ou si dans son apprentissage moteur les parents se rendent compte d’une dysmétrie ou d’une « mauvaise » posture persistante, une ou plusieurs séances d’ostéopathie peuvent être nécessaires pour aider le corps de l’enfant à continuer à se développer dans les meilleures conditions possibles.
Exemples : le bébé tourne sa tête surtout d’un seul côté, il ne se retourne que d’un côté également, il s’étire très souvent, il tête un sein calmement et semble inconfortable à l’autre, le mouvement des hanches est dissymétrique dans le quatre-pattes, à la marche un pied est en dedans, etc….
En retour, après une séance d’ostéopathie, les bienfaits du travail du thérapeute peuvent être décuplés si l’enfant évolue dans la motricité libre. Par exemple, si un bébé vient pour un torticolis mais qu’après la séance il passe la plupart de son temps d’éveil dans un transat ou un cosy, les tensions musculaires vont peu à peu se réinstaller et d’autres séances pourront apporter un soulagement temporaire. Par contre, si de retour à la maison ce bébé peut expérimenter de manière plus confortable le fait de tourner la tête à gauche et à droite, il va naturellement muscler symétriquement ses cervicales, et donc participer activement à l’amélioration de son état.

Pour en savoir plus : sources et liens intéressants





http://osteopathiemontpellier.fr/la-motricite-libre-vous-connaissez/