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lundi 8 mai 2017

Développement psychologique de l’enfant : les principales étapes

Développement psychologique de l’enfant : les principales étapes

Rappel avec le psychologue-psychanalyste Harry Ifergan*, des grandes étapes majeures du développement psychologique  de l’enfant. Des indications précieuses pour des pros parfois déroutés par le comportement des tout-petits qu’ils accueillent. Mais tout s’explique ou peut s’expliquer, ou en tout cas ces repères peuvent aider à mieux comprendre le phases que le jeune enfant traverse de sa naissance à 4 ans.
Developemment psychologique de l
À six semaines, le premier sourire intentionnel apparaît et prouve que l’enfant est en interaction avec l’autre.
À huit mois, il ressent qu’il existe individuellement et qu’il n’est plus en fusion avec sa mère.
À neuf mois, les premiers cauchemars peuvent survenir, signes de l’évidence que lui et sa mère sont deux êtres bien distincts.
Cette séparation symbolique lui indique qu’il est donc dépendant de ses parents. Et plus généralement des adultes. Ce manque d’autonomie et cette vulnérabilité l’atteignent au point de provoquer des cauchemars.

À partir de dix-huit mois : le début de la phase d'opposition
Jusqu’à trois ou quatre ans, l’enfant entre dans une phase dite d’opposition systématique à tout ce que ses parents ou « substituts de parents » c’est à dire vous les professionnels de la petite enfance, qui lui proposent ou lui imposent. Une bonne partie des « non » qu’il va énoncer constitue des tentatives de se démarquer des souhaits et des désirs de ses parents. Cela reviendrait pour lui à dire à l’adulte qui l’a en charge : « Toi, c’est toi et moi, c’est moi », une manière comme une autre d’affirmer qu’il existe à part entière et se distingue bien mentalement de ses parents.

Vers deux ans : toujours le "non" et les premières peurs
 Les premières difficultés d’endormissement apparaissent. L’enfant se met à avoir peur de s’endormir. Il a peur seul dans le noir, craint quelque chose mais sans même en avoir conscience, ne peut véritablement dire ce qu’il redoute car la raison de ses peurs est floue. Il refuse alors de se séparer de ses parents. Certains, à cet âge, connaissent des phases de cauchemars, ces troubles du sommeil correspondant précisément au fait que le caractère de l’enfant s’affirme de jour en jour. Il devient capricieux, exigeant et veut tout régenter. Or, autant il se prétend omnipotent dans la journée (et dit non à tout), autant, la nuit venue, il se ravise et se sent faible et fragile. Le souvenir des énervements et des crises qu’il a su générer auprès de ses parents l’envahit et inconsciemment, il se culpabilise et fait des cauchemars. Au matin, le cauchemar l’ayant « acquitté » de son fort caractère de la veille, il repart de plus belle et recommence à dire « non ! ».

Entre deux et quatre ans : l'individuation
L’enfant va réaliser un travail mental de tout premier ordre : l’individuation. C’est-à-dire la constitution de lui-même en tant qu’individu à part entière : un être indivisible, un et uni. Pour cela, il va appréhender tout l’univers qui le constitue : ses parents, sa maison, son doudou, ses frères et sœurs, son assistante maternelle, sa référente à la crèche, son institutrice de maternelle, ses copains, ses jouets, les joies et les peines qui l’animent, la jalousie les peurs etc., pour en faire quelque chose de cohérent, contenu en lui. L’image la plus réaliste pour représenter ce travail de constitution en un tout unifié est celle du puzzle. Rassembler les parties en un ensemble cohérent dans un cadre défini. Ce « travail » mental est essentiel pour la suite de l’organisation de la personnalité de cet enfant. En effet, c’est lorsque l’enfant ne parvient pas bien à réaliser ce « puzzle symbolique » qu’il y a un risque de morcellement de l’individu.
Trois exemples simples et caractéristiques de cet âge nous rappellent l’importance de cette superbe réalisation mentale.
• L’exemple du biscuit cassé : si, entre deux ans et quatre ans, on propose à un enfant un biscuit cassé en deux, il le refusera car il n’est pas entier ; cela lui rappelle la sensation de morcellement contre laquelle il lutte pour faire de sa personne un tout unifié.
• Beaucoup d’enfants, et principalement les filles, aiment faire des découpages et des collages de pièces de papier et carton de toutes formes. Ces patchworks sont la représentation du travail psychique interne qui les anime. « Couper/coller », n’est-ce pas justement, ce qui le caractérise ? C’est-à-dire rassembler des pièces éparses en un tout ?
• L’enfant n’est pas prêteur durant cette phase d’individuation. Prêter un de ses objets (doudou, jouet, etc.) reviendrait pour lui à s’amputer d’une partie de son capital. Or, ôter une pièce de son puzzle intérieur le fragiliserait, voire le détruirait. À cet âge, il est naturellement égocentrique, c’est-à-dire centré sur son ego.

À quatre ans : il devient un être social
D'autres difficultés d’endormissement apparaissent, plus élaborées que celles traversées à deux ans. En effet, son intelligence progresse et il parvient, cette fois, à mieux percevoir l’objet de ses peurs au moment de s’endormir. Il imagine des êtres humanoïdes ou des animaux venant lui rendre visite. Selon les enfants, ce peut être un fantôme, un monstre, un ogre, une sorcière ou plutôt le loup, un crocodile, etc. Là encore, les prétentions de toute-puissance auxquelles l’enfant aspire tant dans la journée, sont anéanties lorsque tombe la nuit et qu’il doit se séparer durant huit heures ou plus de ses parents protecteurs. Seul, dans le noir, allongé dans une position qui le fragilise et le rend vulnérable, il prend bien soin de revenir à la réalité : il n’est qu’un enfant, petit et sans force face à son assaillant (inventé de toutes pièces, par ses propres soins).
À cet âge-là, l’enfant apprend à dessiner. Il sait déjà tracer une boucle fermée sur laquelle il appose deux grosses taches pour les yeux et un trait maladroit pour la bouche. Ainsi, la première ébauche d’un visage humain apparaît sous ses doigts. Au fur et à mesure de son engouement pour le dessin, il va peu à peu représenter graphiquement des formes de plus en plus évoluées pour réaliser, en définitive, un bonhomme complet. L’enfant se représente le corps humain, son corps, celui de l’autre, et donc lui-même en société. C’est aussi par le dessin que cet enfant devient un être social.



*Spécialiste de l’enfance et de la parentalité, auteur de « Mieux comprendre votre enfant » de Harry Ifergan (Marabout Family)

 

C’est quoi un enfant qui va bien ?

Pour le psychologue Harry Ifergan, un enfant va bien psychologiquement est un enfant qui témoignera du « triptyque de bonne santé mentale » représenté par trois points essentiels : 1. Est-ce qu’il se nourrit bien ?
2. Est-ce qu’il dort bien et avec plaisir
3. Est-il de bonne humeur et se cela se voit- il ?
Article rédigé par : Harry Ifergan, psychologue, psychanalyste, auteur de "Mieux comprendre mon enfant".Marabout

Pleurs du soir : tout savoir


Pleurs Du Soir : Tout Savoir

Les pleurs du soir tout savoir

À chaque nuit tombée c’est le même schéma, babychou pleure et est inconsolable, dans un premier temps vous vous sentez dépourvue et dépassée puis vient la fatigue et vous commencez à en avoir marre, on appelle ça les pleurs de décompressions, vous connaissez sans doute…

Quand, où et comment ?

Le soir un peu avant le couché du soleil, et après le 4ème ou 5 ème repas, la durée de ses pleurs peut varier entre 10 à 15 minutes pour les chanceux et jusqu’à 2 ou 3 heures pour les moins chanceux. De gros sanglots, bébé pleure et crie à chaudes larmes, mais c’est tout à fait normal il s’agit des pleurs de fin de journée ou dit de décompression. Babychou a découvert des centaines de choses dans la journée et il a besoin de se défouler, et il n’a pas d’autres moyens de le faire…

Comment le calmer

Bébé a besoin de compassion de calme et de câlins. Vous pouvez le positionner à plat ventre sur votre bras et marcher pour le bercer.
Vous pouvez également allonger bébé sur vos jambes et croiser ses bras contre son torse. N’hésitez pas non plus à l’emmailloter.

Il pleure dés qu’on le pose dans le lit

Ses pleurs sont liés à l’angoisse de la séparation. Certains parents fatigués peuvent être tentés par laisser bébé pleurer dans sa chambre. Effectivement il finira par s’endormir mais avec un sentiment profond d’abandon. Votre petit ange a besoin d’être rassuré. Armez vous de patience …

samedi 6 mai 2017

Le jeu d’imitation

Le jeu d’imitation, déterminant dans le développement de l’enfant

S’occuper de son ours malade ou mettre sa poupée au lit, préparer un gâteau ou planter un clou, les bébés adorent jouer à faire semblant. Mais à quoi sert vraiment le jeu d’imitation ?

 
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Dès ses premiers mois, le tout-petit  imite l’adulte, le plus souvent sa maman, lorsqu’elle fait « bravo », « coucou » ou « au revoir ». On parle d’imitation directe car l’enfant reproduit  spontanément le geste qu’il vient de voir. Vers 18-24 mois démarre véritablement le processus d’imitation.  « A travers le jeu, le bébé est alors capable d’imiter un modèle en son absence en réactivant des images mentales, explique Anne-Sophie Casal, psychologue, responsable  du secteur jeu et petite enfance au Centre national de formation aux métiers du jouet. Il reproduit une action qu’il a vécue ou observée dans son quotidien, c’est ce qu’on appelle l’imitation différée. Le petit enfant fait semblant de manger ou de boire, il évoque quelque chose d’absent. Il utilise sa pensée symbolique qui est train d’émerger.  » Au départ, l’enfant dirige le jeu vers lui, quand il fait semblant de se brosser les cheveux, puis vers l’autre, son nounours, lorsqu’il fait mine de le coiffer. L’imitation différée n’est possible que lorsque l’enfant a acquis la permanence de l’objet, c’est à dire la compréhension que lorsqu'un objet cesse d'être présent il continue d'exister. La deuxième année, la fonction symbolique se développe grâce aux jeux d‘imitation. Pour le psychologue Jean Piaget, connu pour ses travaux en psychologie du développement, le langage émerge grâce à l’imitation différée.

La pratique du jeu symbolique
Les jeux d’imitation sont déclinables à l’infini. De la mallette de docteur au camion de pompier en passant par l’incontournable dînette et le déguisement de princesse. « Plus les objets sont réalistes, plus l’enfant va les investir, souligne Anne-Sophie Casal. Il ne faut pas hésiter à lui montrer le vrai objet avant de lui proposer celui en plastique et surtout veiller à ce qu’il soit toujours conforme aux normes de sécurité. » Chez les plus petits, les jeux doivent être simples, un poupon, un biberon, une brosse. Les 1er « faire semblant » sont très centrés autour du quotidien de l’enfant (le repas, le sommeil, le bain). Pas toujours besoin de matériel sophistiqué, les enfants s’amusent et imaginent des situations avec les objets du quotidien: une cuillère en bois, des bassines, des seaux, des cartons. Les jeux symboliques se classent en trois catégories : les jeux de rôle avec la cuisine, la dînette, la nurserie (poupon, baignoire, biberon etc. ), les activités ménagères, l’atelier de bricolage et tous les déguisements. L’enfant les utilise  pour imiter des personnes, des animaux, des situations, des événements qu’il a observés dans son quotidien. Les jeux de représentation (dessin, pate à modeler, ardoise) permettent au tout-petit de représenter des objets, des personnages, des situations ou des évènements. Enfin, dans les jeux de mise en scène (garage, caserne de pompier, ferme, ainsi que les figurines qui s’y rapportent), l’enfant n’est plus acteur, il invente ses propres histoires avec des personnages à qui il attribue des rôles. Le jeu de mise en scène nécessite que la pensée symbolique soit déjà bien consolidée, pas avant 3 ou 4 ans.

Le jeu symbolique agit sur le développement global
Le développement cognitif dépend  de la maturation du cerveau et des interactions sociales et physiques. En imitant, l’enfant interagit avec son environnement, il construit ainsi ses structures cognitives. Entre 2 et 4 ans, le jeu symbolique permet au tout-petit de résoudre des conflits internes, de se libérer des contraintes du quotidien. Comme le souligne Anne-Sophie Casal, « il a un rôle d’exutoire de tension. L’enfant reproduit des scènes de son quotidien, de son point de vue, dans un cadre sécurisant. Très souvent, il rejoue l’autorité en grondant sa poupée ou son doudou. C’est une manière pour lui d’assimiler les rôles sociaux et de se soumettre aux règles et aux codes. » En faisant semblant d’être l’autre, l’enfant peut exprimer des choses même lorsqu’il ne maîtrise pas totalement le langage. Il prend du recul par rapport à ce qu’il vit. Le jeu d’imitation participe également au développement de sa motricité. En manipulant de nombreux petits objets, par exemple dans un jeu de dînette, il développe sa motricité fine. Lorsqu’il donne à manger au bébé ou l’habille, il ajuste ses gestes pour parvenir à son but. Enfin, l’imitation joue un rôle majeur dans la socialisation. Le fait de jouer d’autres rôles permet de prendre conscience de l’existence de l’autre mais aussi de soi-même et de jouer en interaction.

Voir notre sélection de jeux d'imitation 
Lire notre article sur le jeu symbolique à la crèche 
Article rédigé par : Suzanne Godot

La poupée : essentielle pour les enfants dès un an

JOUER POUR GRANDIR

La poupée : essentielle pour les enfants dès un an

La  poupée reste un jouet  classique mais essentiel dans le développement sensoriel, affectif et social de l'enfant. Qu'apporte ce jeu au tout-petit ? Comment évolue-t-il en fonction de l’âge de l'enfant ? Quelle place lui donner en structure d’accueil ? Explications avec Anne-Sophie Casal, psychologue *.
 
Istock
Poupée-petit garçon
Un rôle majeur dans le développement de l’enfant
Véritable support pédagogique, la poupée permet à l'enfant d'exprimer ses émotions, de prendre du recul par rapport à une situation, d’enrichir son langage, d'affirmer sa personnalité, mais aussi de développer sa motricité fine. « L'enfant rejoue en effet son quotidien ou des événements d'un autre point de vue : il peut se mettre à la place du parent qui console ou qui gronde afin de mieux comprendre la situation, ou de mieux la 'digérer', explique Anne-Sophie Casal. Le poupon ou la peluche, quand l'enfant ne se sent pas autorisé à jouer avec un poupon, représente l'enfant. On parle de l'effet cathartique, la catharsis étant un exutoire de tensions. Plus simplement, l'enfant exprime des émotions, prend du recul par rapport à une situation pour mieux la comprendre, mais surtout, il l'a fait évoluer comme bon lui semble : c'est lui décide de donner des frites ou de la soupe à son poupon. L'enfant a le pouvoir, et c'est cela qui lui plait ».
Au-delà du jeu, les poupées permettent aux enfants de découvrir le monde d'une autre façon et de développer leur motricité fine. Anne-Sophie Casal précise  : « Ce jeu favorise également le développement et la consolidation de nombreuses compétences, telles que la motricité fine (habiller déshabiller), globale (porter le poupon, le pousser dans la poussette), le langage, la socialisation, l’imitation, l’empathie, la pensée symbolique  en général. Cette dernière commence à émerger au cours de la deuxième année de l'enfant ».

La poupée : pour les petits garçons  aussi
Tout comme les filles, les garçons aiment dès leur plus jeune âge nourrir, laver, promener… une poupée. Les experts du développement considèrent d'ailleurs qu’une variété d’expériences devrait être offerte à l’enfant, sans pression pour un comportement stéréotypé en rapport avec son sexe. Mais, chez les garçons le jeu de la poupée apporte-t-il les mêmes bénéfices en termes de développement que chez les filles ? Oui, bien sûr, estime Anne-Sophie Casal, car « tous les enfants, filles et garçons, ont besoin de se mettre à la place des grands (papa, maman, nounou...), d'avoir le pouvoir, de rejouer son quotidien d'un autre point de vue pour le faire évoluer en fonction de son envie et de son imaginaire ». Concernant l'inquiétude que peuvent avoir certains professionnels de la petite enfance face à un petit garçon qui joue à la poupée, la psychologue se veut rassurante « il ne faut absolument pas s'inquiéter, c'est au contraire très sain. Dans les crèches, filles et garçons jouent avec les poupons, c'est l'image de jeu dans notre société contemporaine qui l'estampille "jeu de fille". Il convient de laisser le garçon jouer et de rassurer les parents s'ils s'interrogent ».

L'importance des accessoires pour le jeu symbolique
Poussette, porte-bébé, vêtements, table à langer… Les nombreux accessoires qui accompagnent la poupée sont importants car ils permettent d'enrichir le jeu de l'enfant. Ce dernier a ainsi le sentiment d’imiter au plus près « les grands ». Cependant à quel moment peut-on introduire tel ou tel accessoire ? « Le premier poupon que l'on propose à l'enfant est à associer à un couffin par exemple, explique Anne-Sophie Casal. Le jeune joueur qui est encore dans une intelligence à dominante sensori-motrice pourra ainsi mettre la poupée dans le couffin, la sortir, balader les objets... Pour les plus grands, les accessoires suggèrent des rôles ou des événements, le joueur approfondi alors son jeu et reste en jeu plus longtemps. Par exemple, un poupon avec de la dînette invite le joueur à donner à manger ou faire la vaisselle. On peut proposer quelques accessoires en double pour que les enfants s'imitent entre eux. Il faut veiller à ce que les accessoires et mobiliers soient adaptés en taille et de bonne qualité : pas facile de jouer avec une cuisinière trop petite devant laquelle il faut se mettre à genoux ou dont la porte du four tombe sans cesse ».

La poupée mannequin, pas avant 4 ans
La poupée mannequin est adaptée au jeu des plus de 4 ans. En revanche, l'habillement demande toutefois une certaine dextérité que n'ont généralement pas les enfants à cet âge. De plus, ce type de poupée ressemble davantage à un adulte et ne remplit pas le rôle traditionnel de la poupée « bébé », « petite fille » ou « petit garçon ». Mais alors, qu'elle importance a-t-elle dans le développement de l'enfant ? « Certains enfants adorent ce type de poupée alors que d'autres la délaissent en préférant les 'Playmobil' ou les 'GI Joe', mais il s'agit du même jeu : le jeu de mise en scène, souligne Anne-Sophie Casal. Ici l'enfant est pleinement décentré, c'est à dire qu'il peut jouer plusieurs rôles à la fois, ou faire vivre un personnage à part entière à sa poupée. Il s'agit d'une démonstration de l'évolution de la pensée symbolique. Il peut se mettre à la place de quelqu'un d'autre et envisager son point de vue simplement en pensée, plus besoin de passer par la mise en acte comme avec le poupon. Les scénarios sont plus riches, le vocabulaire également. La créativité est plus importante ».


A lire sur le même sujet :
https://lesprosdelapetiteenfance.fr/equipements-produits/jeux-et-jouets/poupee-comment-la-choisir
https://lesprosdelapetiteenfance.fr/equipements-produits/jeux-et-jouets/notre-selection-de-poupees

*Spécialisée dans le développement du jeune enfant et de ses lieux d'accueil, Anne-Sophie Casal est responsable du secteur petite-enfance du Centre national de Formation aux Métiers du Jeu et du Jouet (FM2J). Elle est également Co-auteur du livre « Le jeu de l'enfant » publié aux Editions Vuibert.

Un espace spécifique pour les poupées et leur univers

"Les enfants de 15/18 mois ou plus commencent à jouer au jeu symbolique explique Anne-Sophie Casal.  Il convient alors d'aménager une zone qui soit délimitée dans l'espace où des objets de jeu de rôle sont à disposition et mis en scène avec par exemple, une petite table avec le couvert dressé pour trois, une cuisinière quelques casseroles et des poupons habillés".
Article rédigé par : Catherine Alexandre

samedi 29 avril 2017

Motricité fine : pincer et tenir minutieusement

Motricité fine : pincer et tenir minutieusement

La pince pouce index met en jeu le pouce, l’index et le majeur. Plus l’enfant pourra expérimenter cette pince et plus il parviendra à placer ces trois doigts correctement. Chaque doigt a son rôle dans la saisie et la manipulation des objets. Cette pince peut déplacer des petits objets avec précision ou mettre en mouvement des outils qui demandent de la minutie. Mais elle est surtout présente dans de très nombreux gestes de notre quotidien. Voici comment aider les enfants à expérimenter cette pince.
E.Langlois
motricité fine-pinces à linge
La pâte à modelerLa pâte à modeler est décidément la meilleure amie de la motricité fine. Voici 2 petits jeux appropriés pour stimuler la préhension en pince :
• Le jardin : proposer aux enfants de partir à la recherche de tout ce que l'on peut planter dans la pâte à modeler comme pour en faire un petit jardin : crayon, paille, bâtonnets, bref tout ce qui peut mettre en volume la sculpture est bon à prendre. (Ou mettre le lien du jardin de l’article pâte à modeler)
• Les soleils : Avec une boule de pâte à modeler montrer aux enfants comment étirer la pâte entre le pouce et l’index le plus loin possible avant qu’elle ne casse. A faire tout autour de la pâte tel un soleil.

Les pinces à lingeLes pinces à linges permettent de travailler la pince mais aussi de muscler les doigts de par leur résistance. Elles peuvent être utilisées de différentes façons :
• Pour les petits, leur demander de les placer autour d’un bol ou d’une forme en carton comme pour en faire une crinière de lion par exemple
• Pour les plus grands on peut leur demander de ramasser des objets plus ou moins fragiles au sol de façon à adapter la pression à mettre sur la pince : du coton, des grains de haricots, des crayons, des flocons de maïs colorés (Play maïs), des vêtements de poupées, bref tout le bazar qui traine au sol fera l’affaire !

Jeux de pêcheDans une bassine d’eau, poser des bouchons de bouteilles de toutes tailles et demander aux enfants de les attraper avec des cuillères de différentes tailles ou des pinces à cornichons ou des pinces à linge

Bandes de papierDonner à chaque enfant différentes sortes de papier comme du papier journal ou du papier glacé (les pubs qui remplissent vos boites aux lettres feront très bien l’affaire). Leur montrer ensuite comment faire des bandes de papier en les déchirant. Si au final cela ressemble plus à des confettis, peu importe, le but étant d’utiliser les pinces des deux mains. Vous pourrez ensuite vous en servir pour fabriquer un objet en papier mâché par exemple

Les tirelires

Cette activité très minutieuse peut se faire avec toute sorte de matériel. En voici 2 :
• Prendre un poivrier du commerce dont les trous sont assez larges et demander aux enfants d’y insérer des cure dents ou des cotons tiges
• Avec une boite de lait en poudre : Faire une fente dans le couvercle en plastique de la boite et demander aux enfants d’y insérer des jetons ou des bouchons de petits pots de bébé

A lire sur le sujet : La motricité fine en 4 points-clefs
Article rédigé par : Emmanuelle Langlois, psychomotricienne

Motricité fine : à la découverte de mon index

Motricité fine : à la découverte de mon index

L’index a une place très importante dans la préhension fine. La pince pouce index est en effet la plus efficace et la plus précise de toutes les préhensions. Dans cette pince, le pouce fixe l’outil, le majeur le soutient et l’index le guide. Plus l’enfant aura pris l’habitude d’utiliser son index, plus l’index sera mobile et plus la préhension sera aisée et le geste souple.
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Marionnettes à doigtsPas toujours facile d’isoler l’index pour les petits. Alors peu importe que les autres doigts soient repliés ou en extension, le fait de sentir quelque chose sur le doigt à mobiliser permet aux enfants de mieux le percevoir et donc le faire bouger.

Le clavier en pâte à modeler

Avec un rouleau de pâte à modeler assez long, appuyer fort ou doucement sur le rouleau comme pour écrire un code de la gauche vers la droite. Faire reproduire cette frise aux enfants. Associer ensuite un son rigolo au geste fort et un autre pour le doucement. Il ne reste plus qu’à chanter les petites musiques ainsi produites

Dessin dans plateau de semoule ou sableDans un plateau ou une plaque de four éventuellement, déposer une couche uniforme de semoule ou de sable ou de sel. Les enfants pourront alors dessiner des formes ou simplement promener leur doigt dans le plateau pour y voir apparaitre des formes. A la fois sensoriel et relaxant, ce jeu est très apprécié des enfants.

 Peinture en sprayRemplir un vaporisateur pistolet, avec une gâchette souple si possible, de peinture mélangée avec de l’eau. Puis laisser les enfants exprimer leur créativité sur une grande fresque au mur ou au sol.



A lire sur ce sujet : la motricité en 4 points-clefs
Article rédigé par : Emmanuelle Langlois, psychomotricienne

Motricité fine : délier et dissocier

Motricité fine : délier et dissocier

Ces activités permettent la dissociation de chaque doigt et d’aborder des mouvements digitaux plus complexes. La maîtrise de ces coordinations permettra à l’enfant de s’adapter plus facilement aux différents outils mis en main ce qui rendra sa préhension plus efficace. Mais aussi de rendre ses mouvements fins comme le découpage ou le graphisme plus fluides.
E.Langlois
délier-disocier-motricité fine
Les comptines à doigtsQue ce soit pour former des oreilles de lapins, des papillons, des fourmis qui se déplacent ou pour dessiner des moustaches, les doigts peuvent prendre toutes les formes pour illustrer les comptines à doigts.  Pendant ces petits jeux, les doigts se fléchissent et se tendent, s’écartent et se rapprochent, se tortillent, se déplacent … bref se contorsionnent. Une bonne façon de découvrir toutes leurs possibilités de mouvement.

Les instruments de musiqueLes instruments à corde et les claviers permettent de mobiliser plusieurs doigts en même temps. Faire découvrir les différents sons en proposant aux enfants de gratter ou frapper les touches de différentes façons comme :
•    Avec les doigts collés
•    Avec les doigts écartés tendus puis bien souples
•    Un doigt après l’autre
•    Rapidement puis lentement
•    Demander ensuite aux enfants de montrer la façon qu’ils ont préféré

Massages de ballesFaire rouler une balle sur les différentes parties du corps en essayant que les enfants fassent bouger leurs doigts au maximum. Ils ont vite tendance à frotter la balle plus que la faire rouler. Donc bien leur montrer le geste à produire.
Proposer si possible différentes balles afin de trouver celle qui correspond le plus à leur petite main : des dures, des molles, des petites, avec ou sans picots etc.

Habiller des poupéesEnfiler des petits habits, mettre des pressions et surtout boutonner sont d’excellents jeux pour découvrir l’importance des 2 mains et la coopération de chaque doigt dans un but précis. A appliquer également sur les enfants eux même.

Avec des élastiquesSe munir d’une boite d’élastique et demander aux enfants de les enfiler autour d’une boite de conserve ou d’un verre les uns au-dessus des autres.



A lire sur le sujet : La motricité fine en 4 points-clefs

 
Article rédigé par : Emmanuelle Langlois, psychomotricienne

Motricité fine : toucher et malaxer


COMMENT STIMULER LA MOTRICITÉ FINE DES TOUT-PETITS

Motricité fine : toucher et malaxer

Les activités sensorielles sont un bon moyen de développer la musculature de la main. Elles permettent également de mobiliser et donc de prendre conscience des différentes articulations et surfaces de la main et des doigts. C’est un pré-requis à ne pas négliger chez les tout-petits avant d’entamer des activités plus minutieuses.

 
Laurence Yéme
toucher et malaxer
 ModelagePour que la main se confronte à différentes pressions et épouse de nouvelles formes, les ateliers de modelage avec de la pâte à modeler, de l’argile ou du sable kinétique sont parfaits. La consigne ici est de malaxer et de faire glisser la pâte entre les doigts. On peut également demander aux enfants de le faire les yeux fermés pour percevoir encore mieux les mouvements des doigts et les différences de matières.
 
Jeu de KimAvec un sac à toucher , proposer aux enfants de bien utiliser tous les doigts pour découvrir la forme de l’objet caché. Il peut également être intéressant de placer des petits coussins sensoriels à l’intérieur (comme ceux-ci de chez Hop toys)

La main à la pâteLes ateliers de cuisine et la confection de pâtes à tarte et autre crumbles à effriter sont des activités idéales pour renforcer les muscles de la main.

Empreintes de papierProposer des chutes de papiers de différentes textures comme du papier aluminium, du papier cuisson, du papier glacé ou encore du crépon. Demander ensuite aux enfants de les froisser (parfait pour les tout petits) ou d’en faire des petites boules. Les boules peuvent être faites à une main ou par pression des deux mains ou en les faisant rouler sur un plan dur. Les enfants pourront ensuite les tamponner dans de la peinture (adapter la prise à un objet souple) ou les faire rouler dans une peinture d’une autre couleur.
 
Les bacs de grains
Remplir des boites assez profondes (boites de lait en poudre par exemple) avec des graines (1er prix) : des haricots, de la semoule, du riz, des lentilles. Y cacher un objet ou laisser les enfants transvaser d’un bac à l’autre seulement à l’aide des mains pour sentir les grains s’écouler entre les doigts et adapter la préhension au volume qui diminue.


A lire sur le sujet : La motricité fine en 4 points-clefs
 
Article rédigé par : Emmanuelle Langlois, psychomotricienne

mercredi 26 avril 2017

Poser des limites aux enfants



Poser des limites aux enfants a-t-il un sens ?

Poser des limites aux jeunes enfants est protecteur et nécessaire, mais cela doit se faire avec bienveillance pour les "ratés" de l’obéissance, si l’on comprend qu’ils sont dus à l’immaturité et non à une envie de narguer les adultes. Reconnaître les besoins fondamentaux des enfants et leur proposer des dérivatifs acceptables n’est pas démissionner. Comme l'explique Anne-Marie Fontaine, c’est juste maintenir intelligemment le cap des règles utiles en dissociant l’action de l’enfant, qui est normale en soi, de son application, qui peut ne pas convenir.

Publié par Assistantes Maternelles Magazine sur mercredi 28 septembre 2016

La phase d'opposition

Il est en perpétuelle opposition

Il n’est pas rare que l’enfant traverse une phase dite « d’opposition » au cours de son développement. En réalité, sa volonté n’est pas de s’opposer à proprement parler, mais de se différencier de l’adulte. Ses attitudes, maladroites, sont souvent mal interprétées. Comment détourner le rapport de force et soutenir l’enfant dans sa nouvelle autonomie ?
Pourquoi un enfant s’oppose-t-il à l’adulte ?
Il grandit. 
Aux alentours de ses deux ans, l’enfant jouit d’une nouvelle autonomie grâce à son accès inédit au langage et au boom de ses capacités psychologiques et motrices. Il s’affirme : Il est un petit garçon ou une petite fille à part entière qui a ses propres envies. Il a besoin de choisir et de faire « tout  seul ». Une phase d’affirmation de soi qui peut durer de quelques jours à quelques mois, selon l’attitude des adultes. Nous pourrions d’ailleurs l’assimiler à une forme de mini-adolescence. Cette nouvelle autonomie tend à surprendre les adultes, parents comme professionnels, voire à les contrarier, les vexer, les offenser. Cet enfant qui, jusqu’à aujourd’hui, les écoutait et respectait (plus ou moins) leurs consignes à la lettre commence à leur dire non, à s’affirmer et à profiter de son nouveau libre-arbitre. Un comportement qui en déconcerte plus d’un : « Ce n’est quand même pas un enfant de 2 ans qui va faire la loi et tenir tête à un adulte de 40 ans ! » marmonnent moult professionnels. Dès lors s’instaure un rapport de force dans lequel nombre d’entre vous tiennent, coûte que coûte, à avoir le dernier mot.
Il ne s’oppose pas, il se différencie. 
Naturellement, l’enfant à cet âge cherche à se différencier de l’adulte (et non pas à s’y opposer comme on pourrait le croire). Et contrairement aux apparences, ce n’est pas l’enfant qui impulse véritablement ce rapport de force mais plutôt l’adulte. Avant l’âge de 4 ans, rappelons que le tout-petit n’est pas encore décentré, c’est-à-dire qu’il n’est pas encore en mesure de comprendre que l’autre a un point de vue, des croyances, des besoins différents des siens. En un mot, il est encore littéralement égocentrique. Ainsi, ce que vous prenez à tort pour de la provocation, de la mauvaise volonté ou de l’insolence n’est autre que la manifestation d’un besoin non assouvi à un temps T. Notre adulto-morphisme, à savoir notre tendance à interpréter les comportements des jeunes enfants sur la base de nos propres comportements d’adultes, vous joue des tours et vous met une véritable pression sur les épaules. Trop souvent, nous oublions que le tout-petit a un cerveau tout à fait immature et que ses capacités intellectuelles ne sont pas comparables avec celles des adultes ! Rappelons que le rapport adulte-enfant n’est pas un rapport égal et horizontal, mais un rapport du plus fort au plus faible.
Rien à voir avec un caprice.
Il se peut que l’enfant se mette en colère, crie, pleure, se roule par terre, parce que vous lui refusez quelque chose. De votre point de vue d’adulte, cette réaction est excessive, exagérée. Pas de doute, pour vous c’est un caprice ! Le point de vue de l’enfant est tout à fait différent. Ce qui est, pour vous, anecdotique est, pour lui, un réel drame. A cet âge, un tout-petit n’est pas en capacité de relativiser. A ce moment précis, il traverse alors une véritable tempête émotionnelle. Quand l’un des besoins fondamentaux d’un enfant est non assouvi (besoin d’attention, de sécurité, de calme), son cerveau émotionnel et archaïque est suractivé, tandis que son cerveau frontal, celui qui lui permet de raisonner, de comprendre la situation, est sous-activé. De ce fait, il perd le contrôle de ses émotions et a besoin de l’adulte pour se rassurer, se sécuriser. Notons au passage que le cerveau émotionnel et archaïque de l’enfant domine jusqu’à l’âge de 3/4 ans.  
Plus il est fatigué, plus il s’oppose.
Il arrive que l’enfant « contredise » davantage l’adulte en fin d’après-midi lorsqu’il est stressé, épuisé par une journée de crèche longue et stimulante. Il a de plus en plus de difficulté à tolérer la frustration. Son stress s’accumule, ses ressources s’amenuisent. Si bien qu’à un moment, il explose : il se met en colère pour une raison qui va vous paraître insignifiante (vous lui rappelez par exemple qu’il n’a pas le droit de monter sur ce meuble), un peu comme si la goutte d’eau venait de faire déborder le vase. Ce comportement lui permet tout simplement de se décharger de toutes ses tensions accumulées tout au long de sa journée.
Il réagit à votre attitude autoritaire.
L'enfant arrive à un stade de développement où il a besoin d’avoir une certaine marge de manœuvre pour bien s’épanouir. Ainsi, lorsque l’adulte est trop dans le contrôle et émet à son égard des consignes toujours très autoritaires et verticales, l’enfant peut se sentir oppressé, tendu, ce qui va augmenter son niveau de stress et baisser son seuil de tolérance à la frustration. Dès lors, il risque de dérocher et d’entrer dans un phénomène d’opposition.  

Comment réagir ?
Restez calme et posé.
Rappelez-vous que le rapport de force est souvent institué par l’adulte qui perd patience face à la réaction déconcertante de l’enfant. Lorsque la moutarde vous monte au nez, tentez de respirer profondément pour retrouver votre calme et vous reconnecter à votre raisonnement. Rappelez-vous qu’il ne fait pas exprès ! Si cela ne fonctionne pas, passez le relais à votre collègue. Votre frustration tend à vous rendre agressif ce qui va, immanquablement cultiver la frustration de votre petit interlocuteur. Vous voilà alors tous deux plongés dans un cercle vicieux ! En maîtrisant vos propres émotions et en recevant avec bienveillance celles de l’enfant, vous lui apprenez, petit à petit, à mieux contrôler ses émotions. 
Gardez en tête que toute manifestation d’opposition de sa part, toute colère, exprime chez lui un besoin insatisfait. 
Peut-être l’enfant réagit-il à votre attitude, une peur, un manque d’attention, une fatigue croissante. Ainsi, cherchez à anticiper et à agir sur les causes de sa réaction plutôt que sur ses conséquences. En clair, tentez d’identifier lequel de ses besoins est ici insatisfait.
Proposez-lui régulièrement des câlins ou des temps de jeu individuel ! 
Le contact bienveillant avec l’adulte permet de libérer en lui de l’ocytocine, une hormone de l’attachement qui a le mérite de diminuer son état de stress et d’augmenter sa sensation de bien-être. Un enfant ressourcé sera plus enclin à vous écouter qu’un enfant tendu et stressé !
Laissez-lui une marge de manœuvre, aussi petite soit-elle, lorsque vous attendez quelque chose de lui. 
Votre objectif ? Eviter le rapport de force. Vous pouvez par exemple transformer votre consigne (« va te coucher ! ») sous forme de question : « nous venons de déjeuner. D’après toi, qu’est-ce qu’il se passe maintenant : c’est le moment d’aller jouer dans l’atrium ou d’aller faire la sieste ? ». Pourquoi ne pas également lui laisser une petite liberté de choix : « tu préfères aller te coucher avec ton doudou, avec la photo de tes parents ou les deux en même temps ? ». Il ne s’agit pas de « céder » (car coûte que coûte il ira se coucher), mais de parvenir à votre objectif de manière alternative.
Confiez-lui une mission. Si vous sentez que l’enfant est sur le point de ne pas vous écouter ou de faire l’inverse de ce que vous lui demandez, confiez-lui une mission à sa portée. Par exemple : « Est-ce que tu pourrais apporter à Nathan et Louise leurs doudous sur leur lit ? Ils les ont oubliés ! ». Celle-ci permettra d’occuper son cerveau et qui plus est, de le valoriser, de le responsabiliser. Pour que l’effet soir garanti, n’oubliez surtout pas de l’encourager et de le féliciter quand la mission aura été brillamment effectuée !
Héloïse Junier, psychologue en crèche
Par
Héloïse Junier, psychologue

Il ne respecte pas les limites, ni les interdits

Il ne respecte pas les limites, ni les interdits

Certains enfants cherchent à se différencier de l’adulte et ne souhaitent pas toujours respecter les limites fixées par les professionnels (voir notre fiche sur l’enfant qui s’oppose). Pour d’autres, plus jeunes, ce n’est pas qu’ils ne « veulent pas », c’est qu’ils ne « peuvent pas ». Leurs facultés de compréhension ne sont pas toujours aussi élevées qu’on pourrait le croire. Comment se faire comprendre des jeunes enfants ?
Pourquoi les jeunes enfants peuvent-ils avoir du mal à comprendre les consignes des adultes ?
Sa compréhension évolue. Entre 8 et 12 mois en moyenne, un enfant est en capacité de comprendre des ordres simples, comme « non » ou « ferme la porte », à condition que les mots prononcés soient connus et que l’expression du visage soit cohérente avec le contenu de la phrase. Plus tard, aux alentours des 27 mois, il devient capable de comprendre les ordres doubles, comme par exemple « va dans la salle de bain et apporte moi la couche ». Notons que la compréhension précède la production, c’est-à-dire que l’enfant va saisir le sens des mots avant de pouvoir lui-même les prononcer.
Il ressent vos émotions avant de comprendre vos mots. L’intelligence du jeune enfant est émotionnelle avant d’être verbale. Ainsi, tout ce qui relève du non verbal - tels que votre regard, le ton de votre voix, votre posture ou encore l’expression de votre visage - va primer sur le contenu de vos phrases. C’est sur ces signaux que l’enfant va spontanément se baser pour décrypter ce que vous attendez de lui. Or, il arrive que les professionnels qui n’apprécient guère de formuler des directives de manière ferme tendent à « déguiser » les interdits par des phrases trop sophistiquées, qui ambitionnent de surcroît de raisonner l’enfant : « Je ne suis pas d’accord avec le fait que tu mordes Mathéo, je te l’ai déjà dit », « Tu vois bien que tu empêches Chloé de passer ! Elle aussi aimerait profiter du toboggan » ou encore « Tu n’as pas le droit de monter sur cette étagère, je n’arrête pas de te le répéter, tu risques de te faire mal si tu tombes ». Bien souvent, le professionnel conserve une expression faciale neutre, compatissante voire, dans certains cas, souriante lorsqu’il adresse ce type de requêtes. Résultat : l’enfant, qui se base avant tout sur l’émotion de l’adulte, risque de ne pas du tout saisir le contenu du message qui lui a été adressé !
Il est dans le concret. Entre 12 et 24 mois en moyenne, lorsque l’adulte lui adresse une consigne, à savoir – de son point de vue – une suite de mots pas toujours intelligibles, l’enfant va avant tout comprendre les noms d’objets (ex : fauteuil, poupée, couche) ainsi que les verbes d’action (ex : monter, courir, crier). Bref, tout ce qui relève de son environnement concret, physique et connu. Le jeune enfant n’est pas en capacité de comprendre les termes abstraits ou conceptuels du style « tu vas réfléchir à ce que tu viens de faire », « je t’ai dit d’attendre ton tour » ou encore « écoute-moi quand je te parle ! » (distinguer ici le verbe « écouter » du verbe « obéir »).
Il vit dans l’agir et le moment présent. Par définition, une règle est un concept complexe, une généralisation. Par exemple « il est interdit de mordre les autres enfants ». Or, le jeune enfant n’est pas en mesure de généraliser une consigne à plusieurs contextes de vie, ni de saisir d’ailleurs la notion abstraite de bien et de mal. L’interdiction que vous lui avez formulée à 10h34 alors qu’il serrait les dents sur le bras de Nola n’est, à ses yeux, plus nécessairement d’actualité à 15h25. Rappelons au passage que le jeune enfant, même s’il est capable de vous répéter mot à mot une règle que vous avez l’habitude de lui adresser, n’est de toute manière pas en capacité d’inhiber ses impulsions. Il ne s’agit donc pas de mauvaise volonté !
Les interdictions varient selon le professionnel, l’enfant et le moment de la journée. Chaque professionnel a ses limites et son propre seuil de tolérance vis-à-vis de tel ou tel comportement. Par exemple : certains d’entre vous vont accepter que l’enfant remonte le toboggan à l’envers ou qu’il grimpe sur la structure motrice avec un jouet, d’autres non. Il arrive que des professionnels se révèlent malgré eux plus stricts avec les enfants stigmatisés « perturbateurs » ou « pas obéissants » qu’avec les autres. Enfin, un même professionnel est susceptible d’être plus ferme et moins tolérant le matin, quand il sera encore en pleine forme, et plus laxiste et permissif en fin de journée, quand il sera fatigué et épuisé d’avoir répété des dizaines de fois la même consigne ! Autant de variations qui brouillent la bonne compréhension des messages. 

Comment formuler les interdits pour mieux se faire comprendre ? 
Adressez-vous individuellement à l’enfant. Placez votre visage à la hauteur du sien, à une trentaine de centimètres lorsque vous souhaitez lui transmettre votre message. Evitez de lui « crier » une instruction à travers le lieu de vie, alors qu’il est en pleine action, « indisponible » psychiquement.
Soyez ferme mais non agressif. Veillez à adopter une expression du visage qui soit en harmonie avec le contenu de votre interdit, c’est-à-dire le visage fermé, les sourcils froncés, l’air insatisfait. Pour autant, ne tombez pas dans l’agressivité sans quoi vous induirez chez l’enfant une montée de stress qui s’avèrera contre-productive.
Adressez des instructions positives plutôt que négatives. Sur le plan linguistique, la négation est difficile à traiter car elle implique une gymnastique intellectuelle plus complexe qu’une affirmation. L’enfant doit se représenter mentalement le contenu de votre instruction (« morsure – bras – Nola ») puis « l’annuler ». Ce qui est d’autant plus complexe qu’il est dans l’agir et l’impulsivité ! Au lieu de lui dire « ne monte pas sur le fauteuil », dites-lui simplement « descends ». Privilégiez des consignes simples comme « Arrête », « Non », « Stop ».
Privilégiez le « Stop » plutôt que le « Non ». Tous deux n’induisent pas la même attitude chez l’adulte et chez l’enfant. Le « stop » vient stopper un comportement inadapté tandis que le « non » tend à cultiver une dynamique pus agressive et à instaurer un rapport de force.
Formulez une consigne à la fois. Le jeune enfant n’est pas en mesure de stocker dans sa tête plusieurs informations simultanément, de les prioriser et de planifier ses actions en conséquence. Prenez le temps de décomposer vos consignes, étape par étape.
Intervenez physiquement, mais avec douceur. Nous avons vu que l’enfant était davantage dans l’agir, le concret et le physique que dans le mental. Il peut être complexe, compte tenu de son développement, de faire le lien entre les mots et les gestes. Ainsi, s’il ne parvient pas à exécuter votre consigne, comme par exemple « descends du fauteuil », accompagnez-le physiquement jusqu’au sol. De même, si vous souhaitez qu’il caresse le bras de Nola au lieu d’y mettre ses dents, caressez vous-même son bras (avec son accord bien entendu !), sans doute vous imitera-t-il.
Limitez les tentations ! Ce n’est pas à l’enfant de s’adapter à l’environnement des adultes mais à l’adulte de proposer un environnement sécurisé et adapté aux besoins des enfants. D’autant plus que les jeunes enfants ont besoin d’expérimenter physiquement leur environnement pour bien se développer et qu’ils ne sont pas en mesure d’inhiber leurs impulsions. Dès lors, par exemple, pourquoi laisser à leur portée des étagères sur lesquelles ils peuvent grimper alors qu’ils ne sont pas en droit de le faire ? Réadapter leur environnement de vie permettra de limiter les tentations et les frustrations inutiles, de leur côté comme du vôtre.
Fixez les limites et les interdits en équipe. Une stabilité minimum des interdits, tant sur le fond que sur la manière de les formuler, est nécessaire pour que l’enfant puisse, au fur et à mesure de son développement, les intégrer. Régulièrement, réinterrogez l’intérêt de chacune des règles que vous avez fixées en équipe : ces interdits répondent-ils au besoin fondamental de sécurité des enfants ? Ou au besoin de confort ou de sérénité des adultes ? L’ensemble des professionnels formulent-ils cette consigne de la même manière, sur le même ton ? La manière dont cette consigne est formulée par l’équipe est-elle réellement compréhensible pour l’enfant ? Le cas échéant, comment pourriez-vous la formuler autrement ?
Héloïse Junier, psychologue en crèche
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Héloïse Junier, psychologue